Hubert HENIN,
Résistant 40/45


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Peu avant l'Armistice de 1918, Lambert , exproprié de sa boucherie de Marche (l'îlot qui existait face à l'église est rasé: la place est vide, sur une carte vue prise peu après l'armistice!), part s'installer à Marloie, chaussée de Rochefort, dans le bâtiment qui est l'actuelle Boucherie Kesch. Jeanne y naîtra le 31 Août 1920. Mais comme les abords de cette chaussée lui semblent un peu trop dangereux, il faitvrapidement l'acquisition d'une ferme, un ancien relais (de postes?) à Marloie, à la rue "sur la Fontaine".
Là, naîtront les 2 derniers enfants du couple, Joseph (25 Février 1923) et Pierre (22 Avril 1924)

C'est devant ce bâtiment qu'est prise la photo ci-dessous, sans doute fin 1924, début 1925: Pierre est encore tout petit, et Hubert a 18 ans!

Bien sûr, Hubert marchera dans les traces de son père. Il sera d'abord boucher, métier pour lequel il est allé en apprentissage chez son oncle, Louis HENIN,
installé lui à la Rue Dupont. Mais son père et ses oncles l'initieront aussi au commerce du bétail, et plus particulièrement, à celui des chevaux!
Grâce à cela, il verra bien du pays... ce qui lui sera très utilie dans sa future vie errante de résistant!

Dès l'âge de 20 ans, le 20 avril 1927, Hubert va épouser Virginie Marie QUINET, à Harsin.

 

1930: Le ménage s'est installé à St Ghislain; Marie-Lou est dans son cheval à bascule, Gaby va bientôt naître...

Les 5 filles nées avant la guerre: Marie-Lou (° Waha), Gaby (° St Ghislain) , Hélène (°Harsin) , Annette (°Rochefort) et Christiane (°Rochefort).. Agnès naîtra en 1945.

 

Un indice assez révélateur, et qui expliquera cette facilité de Hubert à passer les frontières: peu avant sa mort, survenue en 1938, Lambert a conduit ses fils cadets Joseph et Pierre sur "ses chemins de France"; il leur a montré ses points de chute, ses relais, ses passages préférés (il aurait acheté une prairie en bordure de la frontière, pas loin de Moyen-Izel... Les convoyages de chevaux vers la France en auraient été grandement facilités!...). Il est vrai qu'il subsiste encore des contacts familiaux avec les Gengoux, originaires de Grune comme les Maubeuge (la famille de sa femme), et dont l'un des fils, Marcel, est installé à l'Auberge du Lion à Pin/Moyen . Existera t'il un lien noué dans la Résistance avec Hubert ? En tous cas, après avoir été arrêté par la Gestapo suite à la tentative de sabotage dans le tunnel de Lahage, Marcel sera fusillé par les allemands le 9 mars 44 à la Citadelle de Liège. Son corps repose toujours dans le carré des fusillés, sous le nom à l'orthographe erronée de "Gengout" . Toujours est-il que Hubert, l'aîné des fils, doit grâce à Lambert, avoir lui aussi acquis une bonne pratique de ces "échanges interfrontaliers"... Cela lui viendra bien à point, dès le début du conflit qui s'annonce!

Son oncle Emile Henin, marié à une française, s'est installé à Amiens; il pratique également le commerce des chevaux entre Belgique et France, mais lui semble préférer la ligne de Jeumont. (On possède des photos de lui et de Hubert sur une foire au bétail, affublés des indispensables longs cache-poussières des marchands de bestiaux). Ses fréquents voyages en Belgique le font passer par ce poste frontière. On s'en souviendra lors de l'exode de mai 1940...

Entretemps, grâce à son domicile français, Il faut mentionner qu'Emile interviendra en 1931 dans la liquidation de la succession de son frère Louis, qui, depuis la guerre de 14/18, tenait commerce (de bétail également) à partir de Dunkerque/Saint-Pol! Pour pouvoir entrer en possession de leur héritage, Marie-Thérèse, (la fille aînée de Louis et d'Adèle RENSON) avait dû revenir d'Allemagne pour faire la navette entre Dunkerque et Paris, toujours chaperonnée par l'oncle Emile (ne pas oublier qu'à l'époque, c'était la grande crise, avec le contrôle des changes, et que les femmes, depuis le Code Napoléon, n'avaient pas grande considération en ce qui concerne la transmission du patrimoine...). D'après le récit de l'Oncle Pierre, Marie-Louise (la future résistante), était très impatiente de "toucher sa part", car elle installait son cabinet de dentiste à Bruxelles... Elle était dentiste de la colonie allemande de Bruxelles; Plus tard, elle fit même un séjour à la "Maison Brune" de Munich! Ce qui explique pour une part, dans les récits qu'il fit ensuite de ses faits de guerre, la défiance que Hubert lui marquait! Pour ne rien arranger à sa réputation dans la famille, elle avait épousé un allemand (un "Boche"!) en 1920 dont elle avait divorcé -à ses torts- après avoir recouvré sa nationalité belge...

A part cela, Hubert commence rapidement à devenir un expert en chevaux; il a même élévé un cheval de race, qu'il entraîne pour les champs de course! On le verra sur plusieurs "Turfs" bruxellois, dont entre autres Dilbeek!...

 

10 mai 1940 - Invasion Allemande

 

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26 Nov 2010 -- Révisé le 14-aoû-14 . -- © Wallonia asbl
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Remarques/Remarks : Charbin

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